Vous venez de choisir votre laine, vos aiguilles sont prêtes et vous avez hâte de commencer votre nouveau projet.
Pourtant, avant de monter la première maille, il reste une étape que beaucoup de tricoteuses préfèrent éviter : l’échantillon.
Je comprends parfaitement cette envie de passer directement au projet. Pendant longtemps, j’ai moi aussi considéré l’échantillon comme une simple formalité.
Puis j’ai commencé à créer mes propres modèles.
J’ai découvert qu’un échantillon ne sert pas seulement à vérifier un nombre de mailles sur 10 cm. Il permet aussi de comprendre le comportement d’une laine, d’un motif ou même d’une combinaison de points.
Aujourd’hui, je le considère comme un véritable outil qui m’aide à éviter les mauvaises surprises et à prendre de meilleures décisions avant de me lancer dans un projet.
Alors, l’échantillon est-il vraiment indispensable ? Voyons ensemble pourquoi cette petite étape mérite qu’on lui accorde quelques minutes.
Qu’est-ce qu’un échantillon ?
Un échantillon est un petit morceau de tricot réalisé avant de commencer un projet.
Son objectif principal est de vérifier que votre tension correspond à celle indiquée dans le patron. En général, cette tension est exprimée par un nombre de mailles et de rangs sur un carré de 10 cm.
Pourquoi est-ce important ? Parce que nous ne tricotons pas toutes de la même façon.
Certaines tricoteuses ont une tension plutôt serrée, d’autres plus souple. Même en utilisant exactement la même laine et les mêmes aiguilles qu’une autre personne, le résultat peut être différent.
L’échantillon permet donc de vérifier que le projet final aura les dimensions prévues.
Mais avec le temps, j’ai appris qu’il pouvait être utile pour bien d’autres raisons.
Une expérience qui m’a convaincue
Lors de la création de mon bonnet Coline, j’ai réalisé un échantillon pour répondre à une question très précise.
Le modèle associe des torsades et du point de blé. Avant de commencer les calculs du patron, je voulais savoir si ces deux motifs avaient la même largeur une fois tricotés.
J’ai donc tricoté un échantillon en utilisant les deux points.
Et la réponse était non.
Les torsades avaient tendance à resserrer davantage le tricot que le point de blé. Sans cette vérification, certaines parties du bonnet auraient pu avoir des proportions différentes de celles que j’avais imaginées.
Cet échantillon m’a permis d’ajuster mes calculs avant même de commencer le modèle.
C’est à ce moment-là que j’ai réalisé qu’un échantillon ne sert pas uniquement à compter des mailles. Il permet aussi de comprendre comment une laine ou un motif va se comporter une fois tricoté.
Quelques centimètres de tricot peuvent parfois répondre à des questions qui auraient demandé plusieurs heures de travail sur le projet final.
Pourquoi tant de tricoteuses sautent-elles cette étape ?
Soyons honnêtes : lorsque l’on commence un nouveau projet, l’échantillon n’est généralement pas la partie la plus enthousiasmante.
On a envie de voir le motif prendre forme, de découvrir le rendu de la laine ou simplement d’avancer sur le projet que l’on attendait avec impatience.
L’échantillon peut alors donner l’impression de retarder le véritable début du tricot.
Certaines tricoteuses se disent aussi :
- « Je tricote toujours avec les mêmes aiguilles. »
- « Je connais ma tension. »
- « Ce n’est qu’un bonnet, quelques mailles de différence ne changeront pas grand-chose. »
- « Je préfère commencer tout de suite. »
Et parfois, il est vrai que tout se passe bien.
Mais parfois, quelques mailles d’écart suffisent à modifier le résultat final.
C’est particulièrement vrai pour les vêtements, où une petite différence sur 10 cm peut représenter plusieurs centimètres sur l’ensemble du projet.
L’échantillon demande un peu de patience au départ, mais il permet souvent de tricoter avec davantage de sérénité par la suite.
Les risques de ne pas faire d’échantillon
Le principal risque est d’obtenir un projet dont les dimensions ne correspondent pas à celles prévues par le patron.
Quelques mailles de différence peuvent sembler insignifiantes lorsque l’on mesure un carré de 10 cm. Pourtant, cette différence se répète sur toute la largeur du projet.
Résultat :
- un pull peut être trop petit ou trop grand ;
- des manches peuvent être trop longues ou trop courtes ;
- un bonnet peut manquer d’aisance ou, au contraire, glisser sur la tête ;
- un gilet peut avoir un tombé différent de celui imaginé.
L’échantillon permet également de vérifier que l’on apprécie réellement le tissu obtenu.
Une laine peut être magnifique dans la pelote mais produire un tricot trop dense, trop souple ou simplement différent de ce que l’on recherchait.
Prendre le temps de réaliser un échantillon, c’est finalement vérifier que l’on aime à la fois la taille, la texture et le rendu du projet avant d’y consacrer plusieurs dizaines d’heures.
Comment réaliser un échantillon fiable ?
Pour qu’un échantillon soit réellement utile, quelques bonnes pratiques peuvent faire toute la différence.
Tricotez un échantillon suffisamment grand
Même si le patron indique un échantillon sur 10 cm × 10 cm, il est préférable de tricoter un carré plus grand.
Les mailles situées sur les bords sont souvent moins régulières et peuvent fausser les mesures. Un échantillon d’environ 15 cm de côté permet généralement d’obtenir un résultat plus fiable.
Utilisez le motif principal du projet
Si votre projet est principalement réalisé en jersey, un échantillon en jersey sera suffisant.
En revanche, si le modèle comporte des torsades, de la dentelle ou un point texturé, il est préférable de les inclure dans l’échantillon. Certains motifs modifient la largeur ou la hauteur du tricot et peuvent influencer les dimensions finales du projet.
Lavez ou bloquez votre échantillon
C’est une étape que beaucoup de tricoteuses oublient.
Pourtant, certaines fibres changent après le lavage ou le blocage. Elles peuvent se détendre, gonfler légèrement ou, au contraire, se resserrer.
Si votre projet fini sera lavé ou bloqué, votre échantillon devrait l’être également avant d’être mesuré.
Mesurez au centre de l’échantillon
Une fois l’échantillon sec, placez une règle ou un mètre ruban au centre du tricot.
Comptez le nombre de mailles et de rangs sur 10 cm sans tenir compte des bords.
Vous obtiendrez ainsi une mesure plus représentative de votre véritable tension.
Ajustez vos aiguilles si nécessaire
Si vous obtenez trop de mailles sur 10 cm, essayez une aiguille légèrement plus grosse.
Si vous n’obtenez pas assez de mailles, une aiguille plus fine pourra vous aider à vous rapprocher de l’échantillon indiqué dans le patron.
N’hésitez pas à refaire un second échantillon si nécessaire. Cela demande un peu de temps, mais c’est souvent plus rapide que de devoir recommencer un projet entier.
Faut-il toujours faire un échantillon ?
Pour les vêtements, je recommande clairement de prendre le temps d’en réaliser un.
Lorsqu’un pull ou un gilet représente plusieurs dizaines d’heures de travail, quelques minutes consacrées à l’échantillon sont souvent un investissement très rentable.
Pour certains accessoires, comme les châles ou les écharpes, l’échantillon est parfois moins indispensable puisque quelques centimètres de différence auront généralement moins d’impact.
Mais même dans ces cas-là, il reste un excellent moyen de découvrir comment une laine se comporte et si le tissu obtenu correspond à vos attentes.
En conclusion
L’échantillon n’est probablement pas la partie la plus passionnante d’un projet tricot.
Pourtant, ce petit carré de mailles peut vous éviter bien des déconvenues.
Il permet de vérifier votre tension, de découvrir le comportement d’une laine, d’observer le rendu d’un motif et de partir sur de bonnes bases avant de consacrer plusieurs heures à un projet.
Quelques minutes passées aujourd’hui peuvent parfois vous éviter plusieurs heures de détricotage demain.
Alors, même si l’envie de commencer votre projet est forte, prenez le temps de tricoter cet échantillon. Votre futur vous remerciera peut-être